Zao Wou Ki 25 05 60J. Supervielle 1884-1960 Le forçat innocent 1930
Zao Wou Ki 25 05 60J. Supervielle 1884-1960 Le forçat innocent 1930
Raphael 1483-1520 Chérubins Détail de la Chapelle Sixtine
G.Courbet Portrait de Baudelaire 1848
Van Der Weyden Portrait de Dame Rogier 1460

Raphael ( 1480-1532) Portrait de jeune hommeRainer Maria Rilke a croisé mes lectures , il y a fort longtemps, et ce fut un coup de foudre littéraire . Poète allemand (1875-1926) de la première moitié du XX°siècle, son oeuvre est une longue méditation sur les événements importants de l'existence humaine et en particulier la mort , mais aussi l'amour, la solitude et la création ....
"....car les vers ne sont pas, comme certains croient , des sentiments ( on les a toujours assez tôt), ce sont des expériences.Pour écrire un seul vers, il faut avoir vu beaucoup de villes, d'hommes et de choses; il faut connaître les animaux, il faut sentir comment volent les oiseaux et savoir quels mouvements font les petites fleurs en s'ouvrant le matin...
Et il ne suffit même pas de savoir penser à tout cela. Il faut avoir des souvenirs, de beaucoup de nuits d'amour, dont aucune ne ressemblait à l'autre, de cris de femmes hurlant en mal d'enfant et de légères, de blanches, de dormantes accouchées qui se refermaient. Il faut encore avoir été auprès de mourants, être resté assis auprès de morts, dans la chambre, avec la fenêtre ouverte et les bruits qui venaient par à-coups.
Et il ne suffit même pas d'avoir des souvenirs. Il faut savoir les oublier quand ils sont nombreux, et il faut avoir la grande patience d'attendre qu'ils reviennent. Car les souvenirs eux-mêmes ne sont pas encore cela. Ce n'est que lorsqu'ils deviennent en nous, sang, regard, geste, lorsqu'ils n'ont plus de nom et ne se distinguent plus de nous, ce n'est qu'alors qu'il peut arriver qu'en une heure très rare, du milieu d'eux, se lève le premier mot d'un vers..."
Marguerite Yourcenar dit que " le souvenir de Rilke est maintenant devenu pareil à cette brise, qui rouvre comme une rose de Jéricho le coeur desséché des solitaires. Parce qu'il fut triste, notre amertume est moins grande; nous sommes moins inquiets, parce qu'il vécut sans sécurité ; nous sommes moins abandonné, parce qu'il fut seul."



Karen Blixen (en 1935) et extraits d'"Out of Africa" de S. Pollack (1985) ,adaptation du récit autobiographique "la ferme africaine"


Francis Eybl- Jeune fille lisant - 1850" D'abord il y a les mains repliées sur elles-mêmes portant l'objet comme s'il était sacré. On sent le corps tout entier concentré, les muscles mais aussi l'intérieur, ce qu'il y a derrière la surface de la peau, ce qui se passe à l'intérieur de nous, ce qui ne concerne que nous, ce qui ne peut pas, ne veut pas forcément se dire."
in "les femmes qui lisent sont dangereuses" de L.Adler & S.Bollmann (Flammarion) 2006
J'aime les livres.
Pour le plaisir de lire, ce plaisir rien qu'à soi, pour ce moment de retrait du monde, pour la découverte d'un auteur, d'une histoire, d'un univers, d'une intrigue, pour le questionnement, pour les images, le voyage, le rêve, pour les mots, leur musique, leur poésie...
Et puis, j'aime leur contact et leur odeur: le grain du papier - rêche pour les poches, plus lisse pour les beaux livres, glacé pour les livres d'art, léger, si léger et fragile pour les Pléiade, épais, presque craquant pour les livres anciens- et cette odeur, si particulière quand on ouvre pour la première fois un livre tout neuf, plus forte et dense pour un vieux livre, un de ceux qui a vécu...
J'ai une affection toute particulière pour les livres de poche. Je ne suis pas née avec eux ( apparus dans les années 50) mais il m'accompagnent depuis lontemps. Mes premiers sous dépensés pour eux, mes premières émotions littéraires au lycée, mes lectures, à l'internat, sous les draps à la lampe de poche après l'extinction des feux, le rituel des quelques pages le soir avant de s'endormir...
Je suis une "accro" des poches: ceux que j'achète, juste pour la page de garde ou pour le titre, ceux dont j'attends la sortie avec impatience, ceux qui m'interpellent par leur illustration, ceux dont je me dis qu'il serait temps que je les lise, ceux que l'on me recommande ou qu'on me prête gentiment, ceux qui m'intriguent, ceux dont je me délecte et que je relis...
Bref, les livres me sont indispensables, à l'heure des ordinateurs et des textes en ligne!
Je garde tous mes poches; ils s'entassent, ou bien rangés et par ordre alphabétique, ou dans des piles instables ( faute de place) en ordre aléatoire, mais toujours à portée de vue et de main. Mon seul regret, la poussière. Allergique, la relecture s'accompagne de moult éternuements. Mais tant pis! ....et puis on peut les emmener partout avec soi,, dans une poche, chez le médecin, dans le train, en vacances...je peux même marcher et lire ( un peu) en même temps!
En fait, je ne peux pas m'en passer....Alors, et vous? ;-)



....rêveuses ou impérieuses mais toujours gracieuses