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mardi 18 mars 2008

sur la pointe des pieds...




F.Boucher 1703-1770 Etude




















Vieira Da Silva 1988




" Il n'y a plus rien qui reste


entre mes dix doigts


Une ombre qui s'efface


Au centre


un bruit de pas


Il faut étouffer la voix qui monte trop


Celle qui gémissait et qui ne mourait pas


Celle qui allait plus vite


C'est vous qui arrêtiez ce magnifique élan


L'espoir et mon orgueil


qui passaient dans le vent


Les feuilles sont tombées


pendant que les oiseaux comptaient


les gouttes d'eau


Les lampes s'éteignaient derrière les rideaux


Il ne faut pas aller trop vite


Crainte de tout casser en faisant trop de bruit"


Pierre Reverdy (1889-1960) Sources du vent 1947

vendredi 7 mars 2008

Ainsi ce sont les rêves.



"Vous, j'ai révé de vous cette nuit.


Vous étiez avec moi,



Dans mon rêve.



On s'était echappé de ce monde pour nous retrouver à Venise, là où le jour commence la nuit.



De la guitare au loin et le clapotis de l'eau



Tous deux répartis par un éclairage lunaire comme nulle part ailleurs " .



samedi 1 mars 2008

entendez-vous au fond des bois...?


Y.Klein Cosmogonie 1960








Fl.Broadhurst (1899-1977) Egrets papier peint


















V.Hugo Château dans les arbres 1847





" Dans cet arbre, il y avait des oiseaux qui chantaient. Ils chantaient, ah, plus fort qu'oiseaux, eussé-je cru, pussent chanter. Il semblait que l'arbre même criât- qu'il criât de toutes ses feuilles-, car on ne voyait pas les oiseaux. Je pensais: ils vont en mourir; c'est une passion trop forte; mais qu'est-ce qu'ils ont donc ce soir! Est-ce donc qu'ils ne savent point qu'après la nuit un nouveau matin va renaître? Ont-ils peur de dormir toujours? Veulent-ils s'épuiser d'amour en un soir? Comme si dans une nuit infinie, il fallait après qu'ils demeurent.


Courte nuit de la fin du printemps!


Ah! joie que l'aube d'été les reveille et tellement qu'ils ne se souviendront de leur sommeil que juste assez pour le soir suivant, et avoir un peu moins peur d'y mourir."


A. Gide Les nourritures terrestres 1897

mercredi 27 février 2008

envoûtante musique


Le 6 mars de 13h à 14h au lycée en salle F114 nous aurons la chance extraordinaire de voir et d'écouter le grand musicien iranien Abbas Bakhtiari qui jouera du daf , cet instrument traditionnel très étonnant utilisé en particulier pour la musique de transes. Il sera accompagné d'un joueur de kamanché , Mohamad Merati.
Le soir, au cinéma Rex, le cinéaste iranien Bahman Ghobadi viendra de Téhéran présenter son film HALF MOON sur des musiciens itinérants dans les villages de montagne du Kurdistan iranien.
Le vendredi soir nous aurons au Piaf un vrai spectacle de "correspondances" puisque des musiciens iraniens et syriens accompagneront des danseuses de flamenco dans "transes en exil". Ce sera superbe: venez nombreux!

mardi 26 février 2008

le mystère de la voix...

Raphael ( 1480-1532) Portrait de jeune homme














L.de Vinci Portrait de Ginova de Benci 1474






"Ce n'est pas ce que l'on dit qui
compte mais ce qu'on entend.
C'est fou comme la voix seule peut dire d'une personne qu'on aime, de sa tristesse, de sa fatigue, de sa fragilité, de son intensité à vivre, de sa joie.
Sans les gestes, c'est la pudeur qui disparaît, la transparence qui s'installe."
Ph. Delerm Appeler d'une cabine téléphonique in La première gorgée de bière....1997

samedi 23 février 2008

Someplace Else

Voici un lien vers la bande annonce du film SOMEPLACE ELSE sur lequel j'ai travaillé à Chicago.

En quelques mots : L'amour, le travail, la réussite, et le blues.


L'expérience moderne du blues est synonyme de détente pour certains, d'oubli d'un quotidien pour d'autres, ou encore d'envol pour les initiés et ceux qui montent en scène le temps d'une chanson. Pour l'auteur réalisateur Kai-duc Luong, c'est une sorte de thérapie, vers la quête d'un ailleurs via sa rencontre avec Vance 'candylicking' Kelly, leader du groupe 'Vance Kelly and his backstreet blues band'.

vendredi 22 février 2008

hareng saur...sort dehors...

Jerome Bosch triptyque du Jardin des délices 1503-1504



J-E Marrey le coup de marteau 1895








B.Buffet Nature morte aux poissons 1950


le hareng saur

Il était un grand mur blanc - nu, nu, nu,
Contre le mur une échelle - haute, haute, haute,
Et, par terre, un hareng saur - sec, sec, sec,

Il vient, tenant dans ses mains -sales, sales, sales,
Un marteau lourd, un grand clou - pointu, pointu, pointu,
Un peloton de ficelle - gros, gros, gros.

Alors, il monte à l'échelle - haute, haute, haute,
Et plante le clou pointu - toc, toc, toc,
Tout en haut du grand mur blanc - nu, nu, nu.
Il laisse aller le marteau - qui tombe, qui tombe, qui tombe,
Attache au clou la ficelle -longue, longue, longue,
Et, au bout, le hareng saur -sec, sec, sec.

Il redescend de l'échelle -haute, haute, haute,
L'emporte avec le marteau - lourd, lourd, lourd,
Et puis, il s'en va ailleurs - loin, loin, loin.

Et, depuis, le hareng saur - sec, sec, sec,
Au bout de cette ficelle - longue, longue, longue,
Très lentement se balance - toujours, toujours, toujours.

J'ai composé cette histoire - simple, simple, simple,
Pour mettre en fureur les gens - graves, graves, graves,
Et amuser les enfants - petits, petits, petits.

Charles Cros 1842-1888





dimanche 17 février 2008

vous avez un message....






Vittorio Matteo Corcos
Rêves 1896



" un petit bip-bip l'annonce, une enveloppe dessinée sur l'écran du téléphone portable, en haut , à gauche. Une simple pression du pouce, et les mots viennent se ranger. (....)
On lit le texte quelques secondes après qu'il a été formulé. Les lettres noires sont étranges.(...)
On est sur un trottoir, dans une autre ville. On est pas allé chercher le message dans une boîte aux lettres avec l'idée d'espoir, d'attente , le rite du décachetage, le risque d'une déception.(...)
Le texto surgit dans l'effraction la plus neutre, la plus douce.
Au lieu de traverser au feu rouge, on le regarde, dans le creux de sa main. Une minute à peine (...)
Le présent du texto n'a pas d'équivalent. Sur fond d'écran légèrement verdâtre, en lettres mal ébarbillées, il ne demande rien que du silence. Une autre vie est là, avec un décalage si infime qu'il semble une complicité supplémentaire...."
Philippe Delerm " l'instant texto"
in Enregistrements pirates 2003
C'est toujours un de ces minuscules plaisirs, mêlé de surprise, de joie et d'une petite pointe d'inquiétude, que de recevoir un petit message, la pensée condensée à l'extrême, de quelqu'un qui justement pense à vous à l'instant et vous fait un signe...un moment partagé en différé...
je n'ai pas la dextérité ni le codage orthographique, mais j'aime en recevoir ...et en envoyer...
Pas vous?






jeudi 14 février 2008

Je me sens un peu effacé en ce moment :)


Alors c'est décidé je me laisse m'évader dans ce blog. Et je suis bien décidé à vous parler de mon auteur favori et de mon livre préféré.


Stephen King avec son Histoire de Lisey.


Qu'est ce que j'aurais loupé si je n'avais pas fait la Littéraire. Et oui ce n'est qu'à partir de l'année dernière que j'ai commencé à lire et je dois dire que maintenant j'ai du mal à me séparer du livre que je lis.

Revenons à nos moutons : L'Histoire de Lisey c'est un roman qui raconte la vie d'une veuve Lisa dite Lisey Landon dont le mari était un écrivain à succés. C'est en rangeant son bureau que ses souvenirs, et tous les problemes qui vont avec, la ramènent dans son passé pas très joyeux. Non, parce que son mari écrivain était bizarre. Il cherchait l'inspiration ailleurs, en fait dans un autre monde ' Naya Lune ' .


"Les arguments contre la folie s'échouent dans un petit froissement doux, ce sont des voix mortes sur des enregistrements défunts s'écoulant dans le conduit cassé de la mémoire "


En fait même 150 000 mots ne suffiraient pas à vous décrire mon état en lisant ce livre, que dis-je cette merveille prodigieuse monumentale. Enfin bref Stephen King c'est tout simplement génial. Cependant, il ne faut pas avoir peur de la taille du livre, moi je préfére les bon vieux pavés :).



De vous à moi je suis aussi fan de Guillaume Musso ;) et j'en passe et des meilleurs .

mercredi 13 février 2008

les femmes, la solitude....


Karen Blixen (en 1935) et extraits d'"Out of Africa" de S. Pollack (1985) ,adaptation du récit autobiographique "la ferme africaine"


"Etrange sentiment que l'adieu
Il s'y glisse toujours une pointe d'envie
Les hommes partent, pour que soit mis à l'épreuve leur courage.
Mais nous, épreuve pour épreuve, c'est notre patience que l'on teste ,
notre aptitude au manque,
notre capacité à endurer la solitude.
Et cela , je le savais depuis toujours,
Nul besoin d'une guerre pour m'en persuader."

mardi 12 février 2008

religieuses et épistolaire








Au XVIIème siècle , un grand personnage de la cour de Louis XIV rédige cinq lettres fictives qu'il fait passer pour vraies dans lesquelles une religieuse portugaise exprime son désespoir d'avoir été séduite et abandonnée par un officier français. Tous les lecteurs s'apitoieront sur ce témoignage...avant qu'un chercheur ne révèle plusieurs siècles plus tard que la religieuse n'a jamais existé!



"Considère mon amour, jusqu’à quel excès tu as manqué de prévoyance. Ah ! malheureux, tu as été trahi, et tu m’as trahie par des espérances trompeuses. Une passion sur laquelle tu avais fait tant de projets de plaisirs ne te cause présentement qu’un mortel désespoir, qui ne peut être comparé qu’à la cruauté de l’absence qui le cause. (...) Je vous ai destiné ma vie aussitôt que je vous ai vu, et je sens quelque plaisir en vous la sacrifiant. J’envoie mille fois le jour mes soupirs vers vous, ils vous cherchent en tous lieux, et ils ne me rapportent, pour toute récompense de tant d’inquiétudes, qu’un avertissement trop sincère que me donne ma mauvaise fortune, qui a la cruauté de ne souffrir pas que je me flatte, et qui me dit à tous moments : cesse, cesse, Mariane infortunée, de te consumer vainement, et de chercher un amant que tu ne verras jamais ; qui a passé les mers pour te fuir, qui est en France au milieu des plaisirs, qui ne pense pas un seul moment à tes douleurs"
LETTRES DE LA RELIGIEUSE PORTUGAISE de Guilleragues (1669)début de la première lettre
LA RELIGIEUSE roman épistolaire de Diderot (édition posthume 1796 ) adaptée au cinéma par Jacques Rivette ( 1966) avec Anna Karina

pétition pour l'adoption des magnétophones de Ronan















"A l'époque médiévale, la lettre est idéalement composée de cinq parties :
· salutatio : l'adresse au destinataire ; · benevolentiae captatio : formules visant à attirer la bienveillance du destinataire ; · narratio : discours informatif : ce que l'on a à dire ; · petitio : si l'on a une requête à formuler ; · conclusio : conclusion du message. "
(Qu'est-ce que l'épistolaire ? site internet novembre 2002, par Valérie MARTIN-PEREZ )
Salutations , Bruno!
Nous cherchons, ô charmant Bruno, à capter ta bienveillance en faveur des magnétophones ludiques trouvés par Ronan! A titre de discours informatif nous t'avons narré leur découverte inattendue au supermarché de Bernay. Nous faisons tous une pétition pour que tu les adoptes pour l'atelier artistique, telle est notre requête formulée à l'unanimité. Conclusio: quel prestige donneront à l'installation ces objets insolites!

jeudi 7 février 2008

bon retour, Khaï-dong! ( entre Chicago et Paris...)

Chet Baker (1929-1988)





Round Midnight
(1968), compo. de
Thelonious Monk
et film du même
nom de B. Tavernier
(1988)
Le cinéma
"(....) L'obscurité se fait, l'autel s'allume . On va flotter, poisson de l'air, oiseau de l'eau. Le corps va s'engourdir, et l'on devient campagne anglaise, avenue de New York ou pluie de Brest. On est la vie, la mort, l'amour, la guerre, noyé dans l'entonnoir d'un pinceau de lumière où la poussière danse.
Quand le mot fin s'inscrit, on reste prostré, en apnée.Puis la lumière insupportable se rallume. Il faut se déplier alors dans le coton, et s'ébrouer vers la sortie en somnambule.
Surtout ne pas laisser tomber tout de suite les mots qui vont casser, juger, noter.
Cosmonaute pataud, garder quelques secondes cette étrange apesanteur."
Philippe Delerm-in "La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules" 1997

mardi 5 février 2008

samedi 2 février 2008

1980

mon premier choc musical
b55

vendredi 1 février 2008

Into the wild....

King of the road by Roger Miller

In to the wild...

King of the Road

b55

le deuxième sexe











Gustav Adolf Hennig Jeune fille lisant 1828

(photos de gauche à droite: - 1° rang-May Chidiac, journaliste libanaise, amputée après un attentat,
Anna Politkovskaia, journaliste russe assassinée
-2°rang- Aung San Suu Kyi, opposante birmane en résidence forcée
Benazir Bhutto, opposante pakistanaise assassinée)

" les livres ne sont pas des objets comme les autres pour les femmes; depuis l'aube du christianisme jusqu'à aujourd'hui, entre nous et eux, circulent (.....)une affinité secrète, une relation étrange et singulière tissée d'interdits, d'appropriations, de réincorporations.
Car un texte , signé ou pas, constitue pour les femmes un puits de secrets, un vertige,une possibilité de voir le monde autrement, voire de le vivre autrement, peut donner l'élan de tout quitter , de s'envoler vers d'autres horizons en ayant conquis, par la lecture, les armes de la liberté."
in Les femmes qui lisent sont dangereuses. L.Adler& S.Bolmann; Flammarion 2006
Si dans nos sociétés, une femme pas trop idiote, qui a forcément lu quelque chose dans sa vie, cultivée même, n'est pas toujours bien perçue, voire suspectée -"simple vernis!" ou " elle compense forcément !( à cause de son physique jugé peu flatteur, ou de sa vie sexuelle supposée insatisfaisante, ou du vide probable de sa vie, faute de compagnon, d'amis, d'enfants...")-
............ailleurs dans le monde, l'une des principales violences faites aux femmes, c'est de les tenir éloignées des écoles; parfois elles sont tolérées, quand elles y accèdent, dans certaines universités mais parquées, loin de leurs congénères masculins; enfin elles peuvent être sacrifiées, payant de leur vie, leur engagement pour leurs idées.
Les femmes font peur,................. qu'elles lisent - lire c'est penser, c'est donc un acte d'indépendance et de liberté, cela peut être considéré comme un acte subversif dans certaines régions du monde-
..........................................................ou pas d'ailleurs - parce qu'elles sont différentes, qu'elles représentent l'Autre, c'est à dire une menace potentielle.-
Alors, ne laissons pas sous silence , toutes ces violences à leur encontre : jeunes filles de certains quartiers, traitées de p........, si elles osent porter une jupe; femmes tabassées, tuées à coups de poing par leurs maris; femmes " emmurées" dans des mètres et des mètres de tissu; jeunes femmes défigurées à l'acide par des prétendants jaloux; petites filles excisées; femmes subissant le viol systématique comme "moyen de guerre et de terreur".....la liste, hélas peut être longue du simple fait d'appartenir au sexe dit faible.
Pourtant, qui a dit que " la femme est l'avenir de l'homme"? et que "derrière chaque grand homme, se tenait une femme"?
Alors, pour le respect de leurs droits et pour toutes celles qui en sont écartées, à vos livres, mesdemoiselles!
.....et vous aussi messieurs!
(car, rendons à S. de Beauvoir ce qui lui appartient "il est très difficile à une femme d'agir en égale de l'homme, tant que cette égalité n'est pas universellement reconnue et concrètement réalisée." in "Le deuxième sexe" 1949.)

samedi 26 janvier 2008

hit the road maxime

& hop !
b55

Poésie d'hier et d'aujourd'hui...

Hey !!! J'ai enfin trouvé, après une longue semaine d'intense réflexion, une idée. Et cette idée, c'est de vous faire découvrir plusieurs poésies qui me plaisent et qui , je l'espère, vous plairont également ;) !! J'essayerai également de vous faire partager mes goûts pour la musique en vous présentant divers groupes de tous genres !! voila !!

Pour cette semaine, j'ai choisi une poésie de Verlaine qui s'intitule " Chanson d'automne " :


Les sanglots longs
Des violons
De l'automne
Blessent mon coeur
D'une langueur
Monotone.
Tout suffocant
Et blême,
Quand sonne l'heure
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure.
Et je m'en vais
Au vent mauvais
Qui m'emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.
Voici voilà !!! à la semaine prochaine :D